Utilisation de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) au VIH par Truvada ou génériques entre janvier 2016 et juillet 2017 - Point d'information

01/12/2017
A l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) publie les données d’utilisation de la prophylaxie préexposition (PrEP) au VIH par Truvada ou génériques en France entre  janvier 2016 et juillet 2017.

Truvada,  association fixe de deux inhibiteurs de la transcriptase inverse du VIH, l’emtricitabine et le ténofovir disoproxil fumarate, est indiqué depuis 2005 dans le traitement de l’infection par le VIH chez l’adulte.

Pour la première fois en Europe, l'accès au Truvada dans la PrEP a été possible en France dès janvier 2016 à travers la mise en place d'une RTU chez les  adultes les plus exposés au risque de transmission du VIH. Cette RTU a pris fin le 28 février 2017, et depuis le 1er  mars 2017 le Truvada bénéficie d’une extension d’AMM dans la PrEP du VIH chez l’adulte en France.

L’ANSM a réalisé une étude à partir des données de remboursement de l’Assurance maladie (SNIIRAM) pour estimer le nombre de personnes ayant initié un traitement par Truvada (ou génériques) dans la la PrEP en France, entre le 1er  janvier 2016 et le 31 juillet 2017, d’abord dans le cadre de la RTU puis après l’obtention de l’AMM. Cette étude permet également de décrire les principales caractéristiques de la population traitée et des prescripteurs à l’origine de l’initiation du traitement.

Chiffres clés :

  • 5 352 personnes ont initié une PrEP par Truvada (ou génériques) entre janvier 2016 et juillet 2017 : 3536 pendant la période RTU et 1816 depuis la mise en place de l’AMM
  • Ce nombre est en augmentation régulière, mais modérée, depuis fin 2016 avec entre 300 et 400 nouveaux utilisateurs par mois.
  • 97,5% sont des hommes, âgés en moyenne de 38 ans.
  • 49% résident en Ile de France, 10,5% dans la région Auvergne-Rhône-Alpes et 9,9% dans  la région PACA.
  • 92,2% des prescriptions ont été réalisées à l’hôpital.

La poursuite du suivi de l’évolution des initiations de PrEP en France au cours du temps sera importante. De plus, une estimation affinée du nombre d’initiateurs prenant en compte des paramètres plus complets[1]  ainsi qu’une description des schémas d’administration du Truvada utilisés pour la PrEP et des recours au dépistage d’autres IST parmi les utilisateurs de la PrEP en vie réelle sont envisagées. Ces indicateurs sont essentiels pour l’ensemble des acteurs de la lutte contre le VIH et le suivi des actions.

L’ANSM rappelle que l’utilisation du Truvada dans la PrEP VIH s’intègre dans une stratégie de prévention diversifiée de la transmission du VIH par voie sexuelle comprenant également la promotion de l’usage du préservatif,  le recours au dépistage régulier du VIH et des autres IST, la connaissance du statut virologique VIH du/des partenaires, le recours au « Treatment as Prevention (TasP) » chez le partenaire séropositif et le recours à la prophylaxie post-exposition (PEP).

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[1] En incluant notamment les données d’hospitalisation et d’analyses biologiques dans les critères d’exclusion et en prenant en compte dans la mesure du possible, les chiffres transmis par les CeGIDD non hospitaliers concernant les délivrances.