Avant 1 an, les régurgitations chez le nourrisson sont fréquentes et sans gravité dans la majorité des cas. Un traitement médicamenteux pourra être mis en place pour les formes les plus sévères après réalisation d’examens objectivant le reflux et sur prescription médicale.
Qu’est-ce que le reflux gastro-œsophagien (RGO) chez un enfant ?
Le reflux, c’est lorsque le lait ou le contenu de l’estomac remonte dans la gorge du bébé, sans effort ni contraction du ventre (contrairement aux vomissements). On appelle cela des régurgitations.Pourquoi ça arrive ?
- Chez les bébés de moins de 1 an, le RGO est très courant et sans danger dans la majorité des cas ;
- Leur estomac, très petit le premier mois, grandit progressivement, mais reste encore de petite taille ;

- Leur système digestif est immature, tout comme leur système musculaire. Le muscle qui empêche le lait de remonter n’est pas encore totalement développé ;
- Le lait liquide, les changements de position ou une pression sur le ventre (par exemple par une couche trop serrée) favorisent les régurgitations.
Est-ce que cela commence tôt ?
- Souvent avant 2 mois ;
- Les régurgitations peuvent être fréquentes et de volume variable, parfois abondantes, plusieurs fois par jour ;
- À 4-5 mois, environ 2 bébés sur 3 en ont ;
- Elles disparaissent spontanément entre 10 et 12 mois, période à laquelle l’enfant commence à marcher.
Comment limiter le reflux gastro-œsophagien chez l’enfant ?
Les régurgitations peuvent être évitées par des gestes simples :- Laissez manger le bébé à sa faim mais sans le forcer ;
- Faites des pauses durant le biberon ou la tétée ;
- Faites-lui faire un rot à la fin du repas pour évacuer l’air avalé. Ne secouez pas votre enfant pour le calmer ;
- Juste après le repas, maintenez-le en position droite pendant 20 à 30 minutes, si possible, dans les bras ou en écharpe ;
- Couchez-le sur le dos, sans surélever sa tête ;
- Si nécessaire, votre médecin ou votre pharmacien peut également vous conseiller de changer de lait.
Quand faut-il s’inquiéter ?
On parle de RGO compliqué lorsque le reflux provoque notamment :- Une irritabilité importante ;
- Des problèmes respiratoires ;
- Un ralentissement de la croissance.
Les recommandations hygiéno-diététiques détaillées ci-dessus doivent être poursuivies.
Que savoir sur l’utilisation des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) chez l’enfant ?
L’utilisation des IPP est rarement justifiée chez l’enfant. Ces médicaments peuvent provoquer des effets indésirables et favoriser la survenue d’infections.Ils peuvent néanmoins être prescrits par un médecin chez l’enfant, le plus souvent à partir d’un an et pour un poids de 10 kg ou plus, uniquement en cas de régurgitations acides provoquant des brûlures.
Le savez-vous ?
En France, l’usage des IPP chez les jeunes enfants a fortement augmenté : 6,1 % des moins de 2 ans prenaient des IPP en 2019 contre 3,6 % en 2010. Cette augmentation concerne particulièrement les jeunes enfants, de moins d’un an et ce, alors qu’ils n’ont pas de reflux compliqué (voir ci-dessus). Cette tendance est préoccupante en raison des effets indésirables possibles chez le jeune enfant (source : Epiphare 2025).Quels sont les effets indésirables des IPP chez l’enfant ?
Les IPP peuvent notamment entraîner des diarrhées, de la constipation ou des nausées. Ils peuvent aussi augmenter le risque d’infections gastro-intestinales ou respiratoires et provoquer des atteintes rénales.Si vous avez des questions, n’hésitez pas à en parler à votre médecin ou à votre pharmacien.
Quels IPP sont utilisés chez les enfants ?
Les spécialités pouvant être utilisées chez l’enfant contiennent soit de l’oméprazole soit de l’ésoméprazole. Elles se présentent sous forme de suspension buvable pour les plus jeunes, ou sous forme de comprimés/gélules pour les enfants plus grands.Si votre enfant a des difficultés à avaler les gélules d’IPP, parlez-en à votre pharmacien. Il vous donnera des conseils pour faciliter la prise. Avec certaines spécialités, il est possible de mélanger le contenu de la gélule dans un demi-verre d’eau non gazeuse, un jus de fruit légèrement acide (orange, pomme ou ananas) ou une compote de pomme. Lisez bien la notice avant d’utiliser le médicament pour connaître les modalités d’administration.
D’autres médicaments peuvent-ils être utilisés pour la prise en charge du RGO ?
D’autres médicaments peuvent être prescrits par votre médecin ou conseillés par votre pharmacien, comme les alginates (type Gaviscon) en cas de symptômes modérés, sur une durée courte.La Haute Autorité de santé met à disposition une fiche d’information destinée aux parents sur la prise en charge du RGO.